Plastique, Plastikos, Plastikus

Selon des études poussées, vous allez être concentrés environ 15 secondes alors je balance l’information directement:
* 10 cours d’eau rejettent 90 % des déchets plastiques que l’on retrouve dans les océans. Et vous savez quoi ?
* 8 sur les 10 cours d’eau sont en Asie (les 2 autres en Afrique).
Donc parlons peu, parlons bien, parlons plastique.

Si si !! Le plastique, c’est fantastique.

Imaginez le topo, on sort de la seconde guerre mondiale, c’est le boom économique pour pas mal de pays occidentaux mais l’importation de matières premières avec certaines propriétés intéressantes comme le caoutchouc ou la soie commence à être difficile (surtout quand on est en froid avec les pays exportateurs)…

Hop ! Quelques années de recherches poussées, on bouscule les habitudes, on découvre les polymères synthétiques (ce qu’on appelle communément “matière plastique”) et là, c’est magique. Ça prend la forme que l’on veut, ça peut être dur, souple, transparent, coloré, c’est léger, résistant à l’eau, au soleil, et le must ? Ce n’est pas cher à fabriquer, pour cela, il nous faut juste quelques matières premières que sont le gaz naturel ou le pétrole (partout et peu chères à l’époque). La réputation est faite : le plastique, c’est fantastique !

D’ailleurs, on a beau faire les malins, on aime tous le plastique. Quelle joie d’avoir un beau smartphone, des habits qui ne se repassent pas ou qui ne sont pas chers, une voiture avec des parties intérieures comme le volant qui ne fondent pas au soleil !
Même plus important, encore, le plastique sauve des vies (si tu ne fais pas comme les baleines, ces grosses nouilles qui les prennent pour des méduses) !
Bien pratique d’avoir des tuyaux souples pour des transfusions, des gants pour éviter les infections, et toutes les prothèses qui remplacent nos vieux os fatigués… Ou simplement l’usage de préservatifs, qui permet de réduire la transmission de maladies et favorise la régulation de la population.

Au XXI siècle, c’est un fait  : on dort plastique, on mange plastique, on rêve plastique…

Mais c’est quoi le problème du plastique alors ?

Eh bien, le problème, c’est qu’il est partout justement, peut-être même un petit peu trop.

Jusqu’à il y a peu, les créateurs de matériaux plastiques ne se souciaient pas de ce que deviendraient leurs produits une fois leurs utilisations terminées. Donc on produit plus, toujours dans le but de vendre (techniquement, le plastique n’est pas une matière vitale), et ce qui se passe après ce n’est pas notre souci !

Mais quand tu sais que sur les 448 millions de tonnes de plastiques produites en 1 année dans le monde en 2015, 79 % terminaient dans des décharges ou dans la nature et que seulement 9 % étaient recyclées et 12 % incinérées, le constat est vite fait : C’EST LA CATA !
Pas besoin de rappeler que le plastique met en moyenne entre 100 et 400 ans à se décomposer ? Tout le monde le sait non !?

Le déchet plastique qui cache la décharge !

Les occidentaux semblent tout à coup vouloir préserver la planète (c’est bien) en montrant l’exemple, l’Union Européenne en tête (j’applaudis quand même la loi visant à interdire les plastiques à usage unique, même si elle est repoussée à 2021).

Mais encore une fois, on est malin ! Pourquoi tombe cette loi ? Ce n’est pas seulement parce que les européens se rendent compte du réel problème du plastique sur l’environnement. Il y a un truc qui s’est passé et qui rend les choses bien compliquées pour les pollueurs que nous sommes. La Chine qui a du mal à gérer son stock, a décidé de ne plus trop accueillir les poubelles des autres (je ne comprends vraiment pas pourquoi) alors que l’on avait l’habitude d’y exporter 50% de nos déchets plastiques recyclables. C’est étrange de penser que nos vieux déchets plastiques voyageaient plus que la majorité de l’humanité finalement.
(#conseil nomade: si tu aimes voyager, pense à demander une réincarnation dans un objet plastique la prochaine fois. 😉.

Donc sachant que l’on doit maintenant (ré)apprendre à se débrouiller avec nos propres déchets (on exporte toujours à d’autres pays qui ont essayé de récupérer le marché), l’Union européenne a décidé que le mieux (et là, c’est très malin) c’est de réguler directement la création de plastique. Surtout ceux à usage unique (qui représente un peu plus de 44 % de notre consommation de matières plastiques). Mais c’est très bien, on avance !!

C’est “une sacrée belle brasse dans un océan de caca” (oui, c’est de moi).

Mais en attendant on en est là :

Mais pourquoi mettre un article sur le plastique dans un blog de voyage ?

Choqué ! Oui, je suis choqué de la partie palpable et visible de la pollution quand je voyage partout à travers l’Asie.

Impossible de ne pas voir l’impact du plastique sur l’environnement et les cours d’eau, impossible de ne pas serrer les dents quand on voit une personne jeter son emballage plastique dans la nature après avoir utilisé l’objet ! Et combien de voyageurs sont traumatisés en sortant d’un 7/Eleven en Thaïlande qui emballe mieux ton ice coffee que ton plus beau cadeau de Noël ?
Ça impacte forcément notre regard sur la consommation et l’usage des plastiques. C’est quasi émotionnel et épidermique, on est triste, révolté de voir ça, évidemment !

Mais en réfléchissant un peu (#sociologievaincra), on se rend compte qu’on aime beaucoup montrer du doigt ce que font (mal) les autres ! Mais si on prend un peu de distance, on arrive à comprendre ou expliquer (choisis ton camp) comment on en est arrivé là ?
Quand on mesure la misère humaine des gens, on comprend que l’environnement n’est pas la priorité de certains pays qui peinent à soigner et nourrir leur population.
Quand on souligne le suremballage des produits, où que l’on critique les produits manufacturés “made in China/Asia” et que l’on sait qu’ils sont produits en grande majorité pour l’exportation vers nos pays pour réduire nos coûts de production et préserver notre pouvoir d’achat, alors on partage un peu le problème.
Quand on sait que l’on exporte une large partie de nos déchets plastiques recyclables à des pays qui ne sont pas en mesure de les gérer, simplement parce qu’on trouve ça plus rentable que de gérer le problème nous-même, alors on est obligé de se calmer un peu sur l’intransigeance de nos jugements.

Et si finalement, on se payait une bonne conscience écologique en mettant nos déchets dans une poubelle jaune ? Qui (rappelons-le), s’il est jugé trop polluant ou difficile à recycler sera envoyé en bateau en Asie ou en Afrique pour finir dans une décharge à ciel ouvert polluant ainsi, les sols, pour terminer son parcours dans un des 10 fameux cours d’eau distributeur de déchets ?
Une chose à faire ? => Accélérons le sens de nos actions… sinon, sinon…

Plus de plastique que de poissons ?

“En 2050, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans l’océan.”

Constat qui fait réfléchir et qui inquiète les amateurs de Thalassa que nous avons été. Et ce n’est pas simplement une punchline qui fait peur, mais bien le constat alarmant des scientifiques (Fondation Ellen MacArthur) qui a été impulsé par l’ONU. Qu’on se le dise : 2050, c’est demain ! Mais nous ne sommes pas là simplement pour pleurer, maintenant agissons.
Voici quelques solutions bien présentées pour la campagne #StopPlastique (©Encelade Media Group).

Nous en sommes là, continuons à nous sensibiliser, continuons à participer aux changements que l’on veut voir apparaître, sans nous voiler la face, le problème est global. Donc tous responsable, tous acteurs.
Si tu aimes ton chien Hector. Si tu aimes ton cousin Brutus. Si tu as une passion pour les cétacés mangeurs de méduses. Si tu trouves que 5 continents, c’est déjà bien assez. Si tu trouves que la soie, c’est quand même plus sympa que les vêtements Quechua. Alors tout n’est pas perdu !

Mais n’oublions pas, soyons mesuré, encourageons les bonnes démarches. Certaines solutions sont simples et mondiales. Commençons par exemple par appliquer au mieux le principe des
“4 R” : réduire/réutiliser/recycler/refuser

Des initiatives, il y en a en masse, des gens motivés aussi, et je nous encourage à nous en inspirer pour participer aux changements qu’on aimerait voir émerger sur cette chouette planète.
Je partage ici => #moinsdeplastiqueplusdesardines un lien qui peut ouvrir des voies et des idées (souvent simples) pour prendre les choses en main.

Pour finir, je vais vous poser une question que j’ai trouvé sur internet (sur un blog qui sensibilise les enfants sur l’usage des plastiques) :

« Si tout le plastique fabriqué chaque année (article de 2013) était pesé en éléphants, ça ferait l’équivalent de combien d’éléphants » ?

Réponse : 30 millions. Et si tous ces éléphants se tenaient à la queue leu leu, ils feraient plus de cinq fois le tour de notre planète. Je vous laisse avec ça. 🙂

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